Sous la direction de Nicolas Flipo, Nicolas Gallois et Julien Boé.
Contributeurs :
Nicolas Masséi, Jonathan Schuite, Juliette Deman, Lisa Baulon et Manuel Fossa
Depuis plusieurs décénnies, les effets du changement climatique sur la ressource en eau sont de plus en plus tangibles. Cette pression est telle, que la gestion de l’eau est devenue l’un des plus grands défis du XXIe siècle. Bien que des incertitudes persistent quant à la quantification des impacts du changement climatique sur les ressources en eau le nombre de personnes exposées à un stress hydrologique augmentera dans un avenir proche.
Ces phénomènes intenses, que la normale qualifiait auparavant de rares, sont-ils amenés à devenir la norme dans le futur ? Quelles stratégies collectives pouvons-nous adopter pour nous en prémunir, pour atténuer les effets du changement climatique et ultimement, comment nous y adapter ? Telles sont des questions prégnantes à l’esprit des citoyens, politiques, chercheurs et gestionnaires de l’eau et des milieux aquatiques.
Au vu de l’urgence de la situation et pour éclairer quantitativement les initiatives régionales ou locales de gestion de l’eau et des milieux aquatiques, les chercheurs du PIREN-Seine ont réalisé des travaux de construction de trajectoires passées et futures pour évaluer les impacts du changement climatique sur la ressource en eau du bassin de la Seine. Contrairement aux territoires du sud de la France, des incertitudes importantes demeurent au sujet du bassin de la Seine, avec des désaccords récurrents entre modèles mobilisés dans le cadre des inter-comparaisons internationales.
Les travaux, relatés dans ce fascicule, mobilisent des méthodes numériques avancées pour reconstruire, évaluer des forçages hydroclimatiques représentatifs et quantifier leurs impacts via le modèle hydrologique CaWaQS. Ils mettent en évidence une tension grandissante sur la ressource en eau au cours du XXe siècle, en croisant effets climatiques et pression anthropique. La prospective, quant à elle, est encore soumise à des incertitudes, mais permet d’ores et déjà de réaffirmer l’importance de l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre par le respect des accords de Paris sur le climat.
Pour autant, les incertitudes restent fortes, laissant possiblement les décideurs face à des choix d’adaptation sur tous les plans depuis la raréfaction de la ressource en période d’étiages jusqu’à de possibles événements de crue plus fréquents en hiver et au printemps. Des situations catastrophiques pourraient alors se produire, comme un effondrement des ressources souterraines (disparition d’aquifères et des cours d’eau amont qui en dépendent) et, en conséquence, un effondrement généralisé du socio-écosystème du bassin. Les situations hydroclimatiques pluri-annuelles menant à cet effondrement seront analysées dans le cadre de la prochaine phase 9 du PIREN-Seine afin de poursuivre l’accompagnement des politiques de l’eau sur le bassin.

