Nourrir les villes du 21ème siècle : De nouvelles proximités alimentaires.

Auteur.e.s

Sabine Bognon, Sabine Barles.

Université

UMR Géographie-Cités 8504, équipe CRIA, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne

DOI
https://doi.org/10.26047/PIREN.rapp.ann.2011.vol09

Qui s’interroge sur les mutations éventuelles ou désirables de l’agriculture du bassin de la Seine ne peut faire l’économie d’une réflexion plus vaste, prenant en compte les débouchés de l’agriculture séquanaise d’une part, et les modalités d’approvisionnement des villes du bassin d’autre part. En effet, que l’on examine la situation présente ou la situation à venir, force est de constater que les secteurs de l’approvisionnement et de la consommation alimentaires non seulement connaissent eux aussi des transformations (tendancielles ou marginales), mais devront être réformés si les modalités de production agricoles le sont. Le point de vue séculaire qui a consisté à dissocier production, approvisionnement et consommation est ainsi remis en question, au profit d’une prise en compte du système constitué par ces trois fonctions jugées indissociables, système parcouru par des flux de biomasse végétale et animale, et organisé (ou plutôt animé) par des acteurs très variés dans leur statut comme dans leur échelle d’intervention. Analyser le rôle respectif de ces acteurs, les relations qu’ils entretiennent (ou pas), ainsi que les conditions politiques, sociales et techniques de l’approvisionnement alimentaire apparaît dès lors comme essentiel à la compréhension du système, en complément de la caractérisation des flux de matières et de substances qu’il met en jeu : cette double approche est l’objet de l’écologie territoriale (Barles, 2011). Le présent rapport s’inscrit dans cette perspective et présente le travail de thèse engagé par Sabine Bognon autour des nouvelles proximités alimentaires, analysées du point de vue des sciences sociales et de l’aménagement et au prisme de l’écologie territoriale. Ces nouvelles proximités se démarquent de l’approvisionnement dé-territorialisé dominant ; elles se développent dans différentes conditions et à l’instigation d’acteurs variés ; elles répondent à des enjeux eux aussi variables. Leur analyse peut contribuer à terme à envisager les conditions d’une transition du système alimentaire vers la re-térritorialisation et ad minima à mieux comprendre les frémissements actuels qu’il subit.

sabine.barles@univ-paris1.fr