Contamination de l’environnement francilien par les Ethers de biphényle polybromés (PBDE).

Auteur.e.s

Khawla Tlili, Pierre Labadie, Marie-Jeanne Teil, Martine Blanchard, Fabrice Alliot, Catherine Bourges, Annite Desportes, Marc Chevreuil.

Université

UMR Sisyphe / CNRS, UPMC, EPHE, Laboratoire Hydrologie Environnement, UMR Sisyphe, UPMC, Laboratoire de Physico- et Toxico-Chimie de l'environnement (LPTC), UMR 5805 EPOC, CNRS-Université Bordeaux 1

DOI
https://doi.org/10.26047/PIREN.rapp.ann.2011.vol27

Les progrès technologiques des dernières décennies ont rendu les sociétés humaines fortement consommatrices de nouveaux produits industriels. De nombreux composés chimiques de synthèse sont ainsi introduits dans l’environnement et peuvent induire des effets néfastes sur les écosystèmes réceptacles de cette contamination. Parmi ces composés xénobiotiques, les retardateurs de flamme bromés (RFB) ont suscité depuis le début des années 2000 un fort intérêt scientifique et sociétal. Ajoutés aux produits de grande consommation (équipements électriques et électroniques, textiles…), ils permettent de ralentir la propagation du feu en cas d’incendie. Ces RFB comportent plusieurs familles, dont la principale regroupe les éthers de biphényles polybromés (PBDE), qui sont commercialisés sous trois formulations : penta-BDE, octa-BDE et deca-BDE, dont la demande mondiale a atteint, en 2001, 56100 tonnes (de Wit et al., 2010). C'est en raison de leurs propriétés "PBT" (persistance, aptitude à la bioaccumulation et toxicité) que les PBDE ont progressivement fait l'objet de restrictions d’usage au sein de l’Union Européenne (U.E.). Ils présentent une analogie structurale prononcée avec les hormones thyroïdiennes ; ils sont ainsi considérés comme des perturbateurs endocriniens agissant, entre autres cibles, sur la thyroïde mais également sur le système reproducteur des vertébrés. Ter Schure et al. (2004) ont montré que les PBDE étaient préférentiellement associés aux particules et principalement éliminés de l’atmosphère par les précipitations. Ceci montre l’importance de la prise en considération du compartiment atmosphérique, qui constitue à la fois un vecteur de transfert et d’apport en PBDE. Les eaux de surface constituent un réceptacle majeur des PBDE et elles peuvent également intervenir dans leur transport. Peu d’études ont rapporté leur présence dans les eaux de surface (Chen et al., 2010, Guan et al., 2009, Luo et al., 2008) et une seule (Carroll et al., 2008) a étudié leur dynamique géochimique en milieu fluviatile. Cette dernière demeure donc encore largement mal connue ; par ailleurs, au niveau national, plusieurs questions concernant l'origine des PBDE et leurs niveaux dans les réseaux hydrographiques restent sans réponse. Dans ce contexte, les travaux réalisés en 2011 avaient pour objectif principal la caractérisation des sources et du devenir des PBDE dans l’environnement en général, et en particulier de celui de l'Ile-deFrance.

khaoula.tlili@upmc.fr