Archives sédimentaires, empreinte chimique historique du développement du bassin

Auteur.e.s

S. Ayrault, P. Bonté, M. Roy-Barman, M.-F. Le Cloarec, I. Lefèvre, C. Priadi, L. Carbonaro-Lestel, J. Eurin, F. Tamtam, T. Dinh, C. Lorgeoux, S. Jung, B. Tassin, R. Moilleron, B. Le Bot, C. Göpel

Université

LSCE, CEA-CNRS-UVSQ / IPSL, UMR Sisyphe, UPMC – EPHE, LEESU (Ex-Cereve), Université Paris-Est, UMR-MA102 -AgroParisTech, Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique, Institut de Physique du Globe de Paris

DOI
https://doi.org/10.26047/PIREN.rapp.ann.2008.vol02

Les archives sédimentaires, que nous appelons « carottes » sont d’inestimables témoignages de l’histoire du bassin de la Seine, pouvant remonter sur un siècle. Leur utilité est reconnue depuis le début des années 1990 (Valette-Silver, 1993) mais très peu d’études d’archives sédimentaires représentatives de l’état d’une rivière (et non de son estuaire) ont été réalisées. On en trouve sur le Rhin (Stigliani et al. 1993), la Mersey et l’Aire en Angleterre, confrontées à une forte pollution industrielle (Harland et al., 2000, Carter et al., 2006), ainsi que sur la Gironde (Grousset et al, 1999). D’autres types d’archives ont permis de reconstituer l’histoire de la contamination historique comme les glaces (Boutron et al, 2004 par exemple) ou la tourbe (Shotyk et al., 1998). La raison principale du peu d’études d’archives sédimentaires en rivière relatant l’histoire de la contamination d’un bassin versant au cours des derniers 100 ans est la difficulté de trouver des carottes à sédimentation régulière sur plusieurs décennies dans les rivières du Bassin de la Seine, comme probablement dans toute rivière fortement anthropisée. En effet, les perturbations apportées par l’homme sont nombreuses (recalibrages, dragages, navigation). Le soutien pérenne du PIREN-Seine, et une bonne connaissance du bassin, alliée à une maîtrise des techniques de datation ont permis de produire des carottes sédimentaires dont la datation est précise en différents sites du bassin. Une première étude portant sur la teneur en métaux lourds de ces carottes a été menée (Meybeck et al, 2007, Le Cloarec, 2009). Les résultats présentés ici montrent que l’on peut élargir le potentiel de ces archives à une meilleure compréhension de l’origine de ces pollutions métalliques ainsi qu’à l’étude d’autres polluants (antibiotiques, HAP).

sophie.ayrault@lsce.ipsl.fr