Rôle de l'ichtyofaune comme vecteur de dissémination de bactéries antibiorésistantes dans une rivière fortement urbanisée du bassin de la Seine ...

Auteur.e.s

Étienne Marchand

Université

Sorbonne Université, UMR 7619 METIS, Université de Rouen, M2C

 

Encadrée par : Fabienne Petit, Aurélie Goutte

Démarrée en : 2020

Soutenue en : septembre 2023

 

Résumé :

L’antibiorésistance est un enjeu majeur de santé publique. L’utilisation irraisonnée et grandissante des antibiotiques depuis la seconde moitié du 20ème a entraîné la démultiplication d’isolats multirésistants par le biais des transferts horizontaux de gènes de résistance. Comprendre le rôle de l’environnement dans la dissémination de l’antibiorésistance est une problématique majeure. Les rivières, notamment en aval de station de traitement des eaux usées (STEU) sont considérées comme des hotspots (points chauds) pour la dissémination de l’antibiorésistance. En effet, ces STEUs sont à la fois des sources de contamination continue en polluants (antibiotiques, pesticides, métaux traces…) et en bactéries d’origine fécale, dont des bactéries résistantes aux antibiotiques (BRA). L’impact de ces pollutions sur les organismes aquatiques ainsi que l’impaction du biote sur le devenir de ces contaminants restent encore très peu étudiés à l’heure actuelle. Ce projet de thèse vise à évaluer le rôle que pourraient jouer les poissons dulçaquicoles dans la dissémination des marqueurs de l’antibiorésistance antibiotiques (antibiotiques, BRA, intégrons cliniques), dans un contexte d’urbanisation marqué (l’Orge, Essonne). Dans un premier temps, une expérimentation in situ d’encagement de goujons sauvages en aval et en amont d’un effluent filtré de STEU (sans apport de bactéries fécales) a permis de montrer une absence de lien direct entre exposition pendant 20 jours, imprégnation en polluants (antibiotiques et pesticides) dans les muscles des poissons, et portage de bactéries résistantes aux antibiotiques. En revanche, nous avons pu montrer que le rejet avait entraîné, chez les goujons encagés à l’aval de la STEU, une modification de la diversité bactérienne au sein des microbiotes cutanés et intestinaux et le portage de BRA (Pseudomonas, Aeromonas et Enterobacterales). Dans un second temps, nous avons suivi en parallèle la contamination en polluants et les marqueurs de l’antibiorésistance sur l’ensemble du réseau trophique afin d'évaluer le rôle potentiel de l’alimentation dans la dissémination de l’antibiorésistance. Les résultats montrent un portage plus important de coliformes dont des isolats résistants aux antibiotiques chez les poissons sauvages, une dilution trophique des antibiotiques et des niveaux de pesticides élevés dans les macroinvertébrés aquatiques. A la lumière de ces résultats, nous discutons des liens existants entre contamination environnementale et santé de la faune sauvage de rivière, en insistant sur le rôle central joué par les microbiotes des organismes aquatiques dans le maintien et la dissémination de l’antibiorésistance.
 
 
 
 
 
 
 
 

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