Visage climatique long-terme du bassin de Paris

Auteur.e.s
Damien Huyghe, Luca Di Filippo
Université
École des Mines de Paris/Université PSL/Centre de Géosciences

DOI
 https://doi.org/10.26047/PIREN.rapp.ann.2025.vol02

 

Résumé

Ce rapport présente les résultats préliminaires d’une étude paléoclimatique menée dans le cadre du programme PIREN-Seine, visant à contraindre les variations de température et le fonctionnement hydrologique du bassin de Paris lors de l’Optimum Climatique de l’Éocène Inférieur (EECO, 53–49 Ma). Cette période, considérée comme un analogue des scénarios de réchauffement climatique extrême du GIEC, permettra d’évaluer la réponse des systèmes continentaux et littoraux à des conditions de serre globale. L’étude repose sur l’analyse couplée de la sédimentologie, de la paléontologie et de la géochimie isotopique (δ¹⁸O et Δ₄₇) de fossiles provenant de plusieurs sites représentatifs du bassin : Soissons, Cuise-la-Motte et Mancy. Les campagnes de terrain ont permis de constituer une collection de plus de 250 échantillons remarquablement préservés, comprenant des mollusques marins et d’eau douce. Les premiers résultats isotopiques obtenus sur les huîtres fossiles indiquent des variations saisonnières marquées des températures, oscillant entre 20 °C et 35 °C, soit une amplitude d’environ 15 °C. Ces données suggèrent donc un climat chaud et fortement saisonnier durant l’EECO. La poursuite des analyses du Δ₄₇ précisera la composition isotopique des eaux et permettra d’affiner la reconstitution des paléotempératures. Ceci permettra de mieux comprendre la dynamique hydrologique passée du bassin de la Seine et offrira des perspectives pour la modélisation des réponses climatiques futures à un réchauffement global.


Points clefs

  • L’Optimum Climatique de l’Éocène Inférieur (EECO) constitue un analogue pertinent des scénarios climatiques extrêmes envisagés par le GIEC ;
  • Plus de 250 fossiles (mollusques marins et d’eau douce) collectés pour la reconstitution des paléotempératures ;
  • Les premiers résultats isotopiques (δ¹⁸O) révèlent une forte saisonnalité thermique, avec une amplitude d’environ 15 °C oscillant entre 20 et 35 °C.

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