Evolution du style fluviatile et des débits des chenaux en Bassée depuis la Préhistoire : premier essai de synthèse

Auteur.e.s
Grimaud et al.
Université
PSL University/MINES Paris/Centre de Géosciences, 35 rue St Honoré, 77305 Fontainebleau Cedex, France Département de Seine-et-Marne/Centre départemental d’archéologie de la Bassée, 11 rue des Roises 77118 Bazoches-lès-Bray

DOI
https://doi.org/10.26047/PIREN.rapp.ann.2025.vol11

 

Résumé

La plaine alluviale de la Bassée est un territoire fortement domestiqué dans lequel des projets d’aménagement d’envergure se sont implantés, à la fois sur la plaine alluviale et le long de la Seine. Ces projets ont induit une transformation profonde de la plaine alluviale, altérant son fonctionnement primaire hérité d’une longue évolution morphoclimatique. Ce rapport dresse l’inventaire de l’évolution de la Bassée d’avant ces transformations, i.e., depuis plus de 9 000 ans, en se basant sur la synthèse de travaux en cours, principalement à travers l’étude de (paléo)chenaux. Ces chenaux sont, pour une petite partie, recensés sur les cartes historiques. Pour la majorité, le repérage des chenaux s’est effectué à partir d’un modèle numérique de terrain à partir d’acquisition Lidar avec 1 m de résolution horizontale. Des sondages carottés ont permis de dater et de décrire l’abandon et le remplissage des chenaux. En combinant l’analyse de ces chenaux avec les données paléoenvironnementales issues de la littérature, un premier schéma d’évolution peut être dégagé. (1) Les chenaux du début et du milieu de l’Holocène (9 500 à 4 500 ans cal. BP) étaient 2 à 4 fois plus larges que la Seine actuelle, impliquant des débits et des taux de migration latérale plus forts. (2) La taille et le débit de ces chenaux ont diminué au cours de l’Holocène. (3) Une rupture est identifiée à la transition entre le Néolithique et l’âge du Bronze avec une diminution forte de la taille des chenaux qui s’accompagne du développement de la forêt alluviale d’après les données polliniques. Cette transition est interprétée comme étant liée à l’augmentation du niveau des nappes phréatiques.


Points clefs

  • Reconstruction des paysages fluviatiles avant les grands aménagements en Bassée
  • Diminution de la taille des chenaux depuis 10 000 ans
  • Transition probable à une Seine à multiples bras vers 4200 ans cal. BP