DOI
https://doi.org/10.26047/PIREN.rapp.ann.2025.vol07
Résumé
Ce rapport de synthèse présente le concept de minéralogie urbaine, action nouvellement intégrée dans le programme PIREN-Seine en phase 9, ainsi qu’un cas d’étude représentatif.
Dans un contexte où la concentration des activités et l’artificialisation des sols sont fortes, la minéralogie urbaine s’intéresse aux minéraux dont l’occurrence dans des échantillons de sédiments et/ou de poussières urbains est liée à des activités particulièrement développées en ville. Grâce à des mesures d’analyse des solides, nos recherches cherchent à relier la signature de certains minéraux spécifiques à des activités et donc à des filières qui contribuent fortement aux flux de matières dans les espaces urbains, et en aval hydrologique de la ville. Dans ce rapport, nous nous appuierons sur le cas de l’amphibole, dont la signature a été mise en évidence par nos mesures dans des échantillons urbains de diverses natures dans et autour de Paris : des poussières prélevées sur les infrastructures urbaines (routes, bâtiments..), des sédiments de bassins autoroutiers qui drainent les eaux de ruissellement des routes et des matières en suspension des rivières urbaines. Ces observations sont le support d’une discussion à propos des sources d’amphibole en milieu urbain, des modes de transport de ces particules, et des implications environnementales et sanitaires afférentes. Ainsi nous émettons l’hypothèse que ce traceur minéralogique, omniprésent dans l’espace parisien, résulte au moins en partie de l’érosion de granulats contenus dans la bande de roulement des routes. En l’absence de source géologique locale, le type d’amphibole présent dans les échantillons parisiens, l’actinolite, nous permet a minima d’identifier la contribution de l’activité de construction et de renouvellement des routes dans les flux de particules minérales en milieu urbain. Les observations de ces particules en microscopie montrent que, bien que la majorité des particules observées soient massives, il existe des processus de clivage émettant des particules allongées de petite taille, dont les risques concernant l’exposition publique ne sont pas connus. La signature d’amphibole est également détectée par diffraction des rayons X dans des matières en suspension des rivières en ville, ce qui implique un flux important de ces particules des zones urbaines vers l’aval. Nous proposons donc que ce minéral puisse être utilisé comme un indicateur de l’usure des surfaces urbaines en région parisienne.
Points clefs
- Des minéraux de la famille des amphiboles sont observés dans des échantillons de PIREN-Seine phase 9 - Rapport 2025 – Minéralogie urbaine, le cas de l’amphibole en région parisienne poussières urbaines, bassins autoroutiers et matières en suspension de rivière en région parisienne ;
- Une source est identifiée pour ces minéraux : les granulats intégrés dans la bande de roulement des routes ;
- L’observation des quantités émises et de la morphologie des particules pose des questions sur le plan des flux continentaux liés à l’urbain et sur les aspects sanitaires.

