Etude de la contamination de l’Orge par les pesticides : mise en évidence de l’influence urbaine et des rejets de temps de pluie

Auteur.e.s

F. Botta, E. Moreau-Guigon, G. Lavison, E. Reynis, N. Fauchon, B. Guery, H. Blanchoud, M. Chevreuil

Université

EPHE – UMR Sisyphe, UPMC, CRECEP, VEOLIA EAU, SEDIF

DOI
https://doi.org/10.26047/PIREN.rapp.ann.2007.vol24

Les pesticides sont principalement utilisés en milieu agricole mais dans les dernières années plusieurs études ont montré que l’impact des applications urbaines (Kolpin et al., 2006, Blanchoud et al., 2004), considéré faible à l’échelle régionale, n’est pas négligeable au niveau local. Certaines matières actives sont utilisées en milieu urbain pour l'entretien des voiries, des espaces verts publics, des jardins des particuliers. Le niveau de formation et d'information sur les risques associés aux pesticides est souvent insuffisant et il est possible que la plupart des utilisateurs urbains surdosent les épandages de pesticides. La plus forte présence de surfaces imperméables en milieu urbain, ainsi que l'importance de rejets directs dans les cours d’eau sans infiltration dans le sol (voirie, massifs floraux, jardins de particuliers et terrains de football drainés) accroît le risque de ruissellement des pesticides. Une étude menée sur le bassin versant de la Marne a évalué (à partir d’enquêtes et de modélisation des taux de ruissellement) que 30 à 40% des pesticides qui migrent vers la Marne seraient d’origine non agricole, alors que cette étude a été réalisée dans une zone d’agriculture intensive (Blanchoud H., 2001). Certaines molécules, comme le glyphosate, sont appliquées soit en milieu urbain soit en milieu agricole, donc il est plus difficile d’arriver à bien distinguer la zone d’apport. Le glyphosate est la matière active la plus utilisée dans le monde (Baylis, 2000; Woodburn, 2000). Suite à l’application du glyphosate, on retrouve souvent son principal produit de dégradation, l’acide aminomethyl phosphorique (AMPA) qui a des concentrations même plus importantes que sa molécule mère (Rueppel et al., 1977; Forlani et al., 1999). L’AMPA peut aussi avoir d’autres origines car elle est aussi un produit de dégradation de l’acide phosphorique dans les détergents. Leur polarité élevée et leur solubilité dans les eaux entrainent beaucoup de problèmes concernant l’analyse (Rubio et al., 2003; Skark et al., 1998). Des études récentes ont montré la présence de glyphosate et de son produit de dégradation l’AMPA à des concentrations de l’ordre du mg.kg-1 et du diuron à des concentrations en µg.kg-1 dans les boues de stations d'épuration (Ghanem et al., 2007). Dans le cadre du programme PIREN-Seine, le bassin versant de l’Orge a été choisi comme site expérimental pour comprendre la dynamique des micropolluants dans le cours d’eau. La compréhension des processus de transfert de pesticides d’origine urbaine est également un des objectifs majeurs. Le choix de ce site s’appuie sur le programme Phyt’Eaux Cités qui vise à inciter les communes à réduire les utilisations de pesticides (Guery B., Simoens C, Hamelet D., 2007). Ce programme comprend un suivi régulier de la contamination dont les principaux résultats sont présentés dans ce rapport. Afin de compléter ces études, nous avons réalisé des campagnes complémentaires de mesures de la contamination de l’Orge afin d’évaluer plus précisément la localisation des sources de contamination et de valider le choix des sites expérimentaux qui seront équipés début 2008.

botta@ccr.jussieu.fr