Contrôle de la bioaccumulation des métaux par deux organismes modèles du milieu aquatique

Auteur.e.s

Bastien Pellet, Catherine Gourlay, Emmanuelle Kuhn, Thomas Kermoal, Frédéric Nicolle, MarieHélène Tusseau-Vuillemin

Université

Cemagref, Unité de recherche Hydrosystèmes et Bioprocédés

DOI
https://doi.org/10.26047/PIREN.rapp.ann.2007.vol06

La mise en œuvre de la directive cadre européenne sur l’eau rend nécessaire d’établir un lien entre l’état écologique des milieux et la pression anthropique qu’ils subissent, en particulier du fait de rejets ou de pollution diffuse par les micro-contaminants. L’un des premiers signes de contamination « active » ou biodisponible, c’est à dire susceptible d’altérer certaines fonctions biologiques est la bioaccumulation des contaminants par les organismes. Cette bioaccumulation peut être évaluée en analysant les tissus biologiques d’organismes modèles prélevés sur site. Il reste difficile d’établir des relations simples entre cette bioaccumulation observée et la contamination chimique du milieu. En effet, l’interprétation devrait prendre en compte non seulement la variabilité environnementale (modification de la biodisponibilité des contaminants selon la matrice organique, la situation hydrologique, la saison…), mais aussi la variabilité biologique. En effet, les traits de vie, les régimes alimentaires et enfin les métabolismes dépuratoires variés qui caractérisent des espèces différentes modulent la réponse biologique à l'exposition environnementale. Une façon de prendre en compte ces éléments est d’étudier l’accumulation et la dépuration des espèces considérées, dans des milieux d’exposition de plus en plus proches de la réalité des milieux aquatiques. Cette approche permet en effet de déterminer les principaux facteurs biologiques et environnementaux qui modulent les mécanismes de bioaccumulation, puis de les modéliser afin de rendre interprétables les données obtenues in situ sur la contamination chimique et la bioaccumulation des organismes du milieu. Dans le cadre de la phase 5 du PIREN-Seine, nous avons choisi de nous intéresser à deux espèces modèles complémentaires : le gammare (Gammarus pulex), crevette détritivore, et la dreissène, (Dreissena polymorpha), ou moule zébrée, un mollusque filtreur. Ces deux organismes sont présents dans les milieux aquatiques du bassin versant de la Seine. Le travail effectué en 2007 visait, pour ces deux organismes, à comprendre en laboratoire la toxico-cinétique du cadmium dissous en conditions contrôlées.

catherine.gourlay@cemagref.fr